Édition #5: Quand la France entre dans son âge d’or (1981-1985)
Après un premier volet consacré aux tout premiers sites français inscrits dès 1979, AKE31 poursuit avec vous ce tour de France du patrimoine mondial, en collaboration avec la Fédération Française des Clubs pour l’UNESCO. Direction cette fois le début des années 1980 : une période charnière durant laquelle l’UNESCO reconnaît, coup sur coup, neuf trésors qui racontent près de deux mille ans d’histoire — de l’ingéniosité des bâtisseurs romains à l’élégance urbaine du siècle des Lumières.

Un voyage dans le temps, de l’Antiquité aux Lumières
Ce qui frappe dans cette sélection, c’est sa diversité. On y croise aussi bien des vestiges antiques que des chefs-d’œuvre gothiques, des lieux de spiritualité monastique et des ensembles urbains pensés comme de véritables œuvres d’art à ciel ouvert.
L’empreinte romaine s’illustre magistralement à Arles, où arènes, théâtre antique et thermes côtoient les vestiges romans de Saint-Trophime, ainsi qu’au théâtre antique d’Orange, dont le mur de scène — l’un des mieux préservés au monde — continue chaque été de faire vibrer le public lors du festival des Chorégies. Quant au Pont du Gard, ses trois niveaux d’arches culminant à près de 49 mètres restent une prouesse d’ingénierie hydraulique vieille de deux mille ans, toujours debout et toujours aussi impressionnante.
Le Moyen Âge, lui, se décline en deux registres bien différents. D’un côté, la puissance spirituelle et l’austérité de l’abbaye cistercienne de Fontenay, fondée par Bernard de Clairvaux en 1118, véritable manifeste architectural des idéaux monastiques cisterciens. De l’autre, l’exubérance gothique de la cathédrale d’Amiens, le plus vaste édifice de ce style en France, étape incontournable des chemins de pèlerinage vers Compostelle. Et pour les amateurs d’art pictural médiéval, l’abbatiale de Saint-Savin-sur-Gartempe abrite ce que l’on surnomme la « chapelle Sixtine de l’art roman » : un ensemble de fresques du XIᵉ et XIIᵉ siècles parmi les plus vastes conservés en Europe.
La Renaissance et l’âge classique trouvent quant à eux leur écrin au palais et parc de Fontainebleau, résidence royale occupée sans interruption du XIIᵉ au XIXᵉ siècle, qui vit passer François Ier, Henri IV ou encore Napoléon Ier, et qui fut aussi l’un des berceaux de la Renaissance française.
Enfin, le siècle des Lumières s’exprime à travers deux ensembles emblématiques : la saline royale d’Arc-et-Senans, conçue par Claude Nicolas Ledoux comme un manifeste d’architecture industrielle et d’urbanisme utopique, et les places Stanislas, de la Carrière et d’Alliance à Nancy, dont les grilles dorées et les fontaines monumentales en font l’un des plus beaux ensembles urbains royaux d’Europe.
Pourquoi cette série compte ?
À travers ces neuf sites, c’est tout le génie français qui se révèle : la maîtrise technique des ingénieurs romains, la ferveur spirituelle des bâtisseurs médiévaux, le faste des résidences royales et la vision urbanistique des penseurs des Lumières. Autant de témoignages d’un patrimoine vivant, qui continue d’attirer visiteurs et chercheurs du monde entier et de nourrir le dialogue entre les cultures — une mission qui est au cœur de l’engagement d’AKE31 et de son partenariat avec la Fédération Française des Clubs pour l’UNESCO.
En célébrant cette année les 70 ans de la FFCU, cette série des « Lundis du Patrimoine » est aussi l’occasion de rappeler combien la préservation du patrimoine culturel est indissociable de la promotion des valeurs d’échange, de solidarité et d’ouverture que défend l’UNESCO à travers le monde.
Rendez-vous prochainement pour la suite de notre exploration du patrimoine mondial français !
